mercredi 7 mars 2012

Mathilde Castello Branco pour Azzaro, Guillaume Henry pour Carven, Olivier Rousteing pour Balmain, Maxime Simoëns, Anthony Vaccarello : cinq noms à retenir absolument


Photo Gaëtan Bernard
Guillaume Henry avec Stéphanie LaCava, journaliste et écrivain : chic et rayonnante, elle incarne la femme Carven dans un ensemble rayé au charme pimpant.


Aux commandes d’illustres maisons ou de leur propre griffe, ces cinq jeunes créateurs signent des collections remarquables de talent et de tempérament. Et remportent déjà tous les suffrages. Présentations.

Le lauréat : Guillaume Henry

Fashion express
En à peine trois ans, ce Français est devenu une star de la mode parisienne. Passé par les studios de Givenchy et Paule Ka, il sort de l’ombre en 2009, à 31 ans, en prenant les rênes de Carven, trésor endormi de la mode française. Ressuscitée de manière spectaculaire, Carven bénéficie au passage d’un atout supplémentaire : la personnalité attachante de son designer.
La femme Carven
« Il y a toujours une majuscule à “Femme” ; je préfère le mot “fille”. Ce n’est pas une histoire d’âge, mais d’état d’esprit. Elle est drôle, enjouée, têtue, spontanée, elle aime la mode sans être snob, elle apprécie le second degré et le mélange des genres. Et si elle est torturée, cela ne se voit pas. »
Signatures
Féminine, pimpante, faussement rétro, la silhouette Carven joue sur le décalage, les références familières et les proportions singulières.
Le succès
« La première collection est toujours la prochaine, on n’est jamais totalement rassuré. Quand on a accroché les gens, on ne veut pas les perdre... »
Et après ?
« Je n’envisage pas la mode comme une compétition. Le rythme des collections s’est tellement accéléré qu’il faut s’imposer une forme de sérénité. La création a besoin d’aérations, qu’il faut improviser, surtout quand on doit imaginer deux cent cinquante modèles en deux mois. »

Meilleur espoir féminin : Mathilde Castello Branco

Fashion express
Gracieuse comme une ballerine, la nouvelle directrice de la création d’Azzaro va présenter sa première collection pour la griffe. Issue du studio Lanvin, cette Franco-Brésilienne de 39 ans avoue avoir la tête dans les nuages. Son style poétique et sensible se révèle aussi pragmatique : après s’être immergée dans les archives Azzaro, elle a imaginé un vestiaire glamour et néanmoins soluble dans la vie quotidienne.
La femme Azzaro

« Féminine et moderne, elle est libre de s’exprimer, et cette liberté lui donne de l’assurance. Elle sait créer le désir en ne donnant pas trop à voir. »
Signatures
Modulable, le nouveau vestiaire Azzaro glisse du jour à la nuit, l’air de rien. Simple et sophistiqué à la fois, il mixe volumes gracieux et matières pur luxe


Photo Gaëtan Bernard
Mathilde Castello Branco, à droite, réinterprète de manière poétique les robes du soir, signatures de la maison Azzaro
Le succès
La véritable « épreuve du feu » aura lieu pendant la Fashion Week, mais le bouche-à-oreille est déjà prometteur.
Et après ?
« Même si j’ai apporté un vestiaire de jour, les robes du soir constituent la richesse de la maison, et il y en aura toujours. J’aimerais que chaque femme trouve chez Azzaro la robe de sa vie ou plusieurs, car on a souvent plusieurs vies en une. »









Meilleur espoir masculin : Anthony Vaccarello

Fashion express
Cet Italo-Belge de 31 ans a entamé sa carrière au pas de charge. À peine diplômé de la prestigieuse école de La Cambre en 2006, il reçoit le Grand Prix du Festival d’Hyères et intègre les ateliers de Fendi. Son label naît en 2009. Deux collections pour La Redoute et un prix de l’Andam plus tard, ses défilés s’imposent, confidentiels mais très attendus.
La femme Vaccarello
« Sensible, urbaine, assumée, sensuelle. »
Signatures
Une silhouette aux lignes pures, à l’architecture cool et sexy qui rappelle le style d’un certain Thierry Mugler, en plus quotidien.
Le succès
« Le statut de “créateur à suivre” ne m’inspire pas grand-chose. Cela voudrait dire qu’il y aurait des créateurs à ne pas suivre ? Créateur tout court m’irait très bien. »
 

Photo Gaëtan Bernard
Anthony Vaccarello avec Caroline de Maigret, mannequin et productrice de musique.

Et après ?
« Je fais les choses par étapes, en essayant d’apprécier chaque moment. Je ne suis pas du genre à monter des business plans. Tout avance à l’instinct, et cela me va pour l’instant. »
















Le wonder boy : Maxime Simoëns

Fashion express
Étiqueté « nouveau Saint Laurent » par certains dès le lancement de son label en 2009, le créateur lillois a su déjouer le piège de la gloire immédiate et facile. Une ressemblance physique avec le couturier culte et cette reconnaissance précoce de son talent ne l’ont pas déconcentré ; il a développé son style en haute couture comme en prêt-à-porter, avec réalisme. Son fan-club, en plein essor, compte notamment Mélanie Laurent et Astrid Bergès-Frisbey. Cette stratégie s’avère payante : sa griffe s’épanouit et il succède aussi à Véronique Leroy chez Léonard ; sa première collection pour la maison défile le 5 mars.
La femme Simoëns
« Décontractée, chic, drôle et dotée d’un tempérament fort, désinvolte et élégante, une vraie Parisienne iconique mais pas snob. »
Signatures
Des silhouettes à la géométrie parfaite adoucie d’imprimés et de jeux de matières subtils.

 


Photo Gaëtan Bernard

Maxime Simoëns avec Angie David, éditrice chez Léo Scheer et écrivain.

Le succès
« Je me sens bien dans la peau d’un créateur
en vue, même si la pression augmente. »
Et après ?
« J’espère continuer longtemps à créer ce qui me plaît. Habiller des célébrités ? Pourquoi pas ? Mais pour moi, c’est une question de rencontre et de complicité, pas un système. »













La révélation : Olivier Rousteing

Fashion express
26 ans, l’air d’en avoir cinq de moins, ce jeune directeur artistique est un surdoué à la sérénité contagieuse. Expatrié dès 18 ans dans les ateliers italiens de Roberto Cavalli, il rentre à Paris après cinq ans pour assister Christophe Decarnin chez Balmain. Au départ de celui-ci, début 2011, il prend les commandes et se retrouve face à un défi de taille : diriger la maison la plus dangereusement hype de Paris. Sa première collection, présentée en septembre dernier, a remporté l’adhésion des fans. Et des autres.
La femme Balmain

« Glamour, forte, moderne, elle s’amuse et n’a pas peur de prendre le pouvoir. »
Signatures
Radical, très « barock & roll », le look Balmain ne fait pas de quartier. Le glamour spectaculaire du podium ne doit pas faire oublier la sophistication et les coupes impeccables des pièces livrées en boutique.
 

 

Photo Gaëtan Bernard
Olivier Rousteing : entre inspiration hispanisante et esprit Elvis à Vegas.

Le succès
« Je partage ce plaisir avec l’équipe : c’est une belle histoire de famille et d’amitié. Je mets beaucoup de ma personnalité dans mes créations ; les aimer, c’est m’aimer moi, et cette adhésion me trouble. »
Et après ?
« J’aimerais rendre à Balmain son identité de maison de couture française et parisienne. Je voudrais que les vêtements possèdent un côté intemporel, un glamour plein de fraîcheur, comme celui que j’ai essayé d’insuffler à ma première collection. »
source: Madame Le Figaro 

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire